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jeudi 28 avril 2011

Dans les coulisses de la 25ème cérémonie des Molières

En sortant du métro et en traversant l’esplanade qui mène à la Maison des arts de Créteil, en cette veille de cérémonie, je pensais à toutes ces personnes qui ont œuvré des mois pour que le jour-J soit une réussite.

Les quelques jours qui précèdent la cérémonie, c’est le moment où se rencontrent toutes les énergies. Celle de Didier Long, directeur artistique et metteur en scène, celle de Laurent Lafitte, maître de cérémonie et auteur des textes, celles de Zabou Breitman, adaptateur et metteur en scène du lever de rideau, des comédiens et comédiennes qui vont participer, de R&G productions, etc.

Les coulisses en images, et en mots, c'est par ici !




Chacun arrive avec son barda. On trouve, en vrac, dans les couloirs de la Maison des Arts de Créteil : des câbles, beaucoup de câbles, des perruques, des Savanes de Brossard et des Dragibus, une personne vêtue de noir qui court, un chien, une personne vêtue de noir avec un talkie qui court dans l’autre sens, des tables de mixage avec plein de boutons, un fer à repasser, un camion régie, un cendrier plein de mégots, un ou une chargée de projet qui court avec un mac book pro dans les bras et un téléphone à l’oreillette, des cartons remplis de programmes, un ballon qui volette au plafond, deux personnes en noir avec des talkies qui courent, un chinois qui ne sait pas où est la cantine, un mannequin de chiffon les jambes en l’air, un piano, un panneau « silence », des fauteuils abandonnés, un frigo, un balais, un Molière en mousse.

Personnellement, je ne sais pas comment différencier un câble de la Maison des arts de Créteil, d’un câble de R&G Productions, d’un câble de France 2. Et encore moins un régisseur de Créteil d’un régisseur de France 2, d’un régisseur de R&G, des extras embauchés spécialement pour vos beaux yeux. Tout le monde s’appelle par son petit nom, c’est la grande famille du théâtre. Ah non, pardon, c’en est une autre !

Vous l’aurez compris, 4 jours de répétitions, c’est un peu le triathlon. On peu différencier 3 catégories d’épreuves : les répétitions, les filages, et les pauses.

Les pauses, ça se passe plutôt bien. Les filages et les répétitions aussi d’ailleurs.

Et quoi qu’il se passe sur scène, il y a toujours une tripotée de gens qui sont là, pour tester le moelleux des fauteuils de Créteil. On ne sait jamais bien qui ils sont mais ils ont des raisons d’être là. Ne serait-ce que pour tester les blagues.

Les deux derniers jours de répétitions sont les plus intenses. Le stress qui monte, l’équipe qui grossit, les caméras qui s’installent, et enfin la voix de Jérôme Revon (le réalisateur) qui joue à Big Brother depuis le camion régie.

On pourrait d’ailleurs tourner un film surréaliste où Big Brother s’adresserait à Zabou Breitman et Léa Drucker pour leur intimer l’ordre d’enlever leurs perruques. La scène où on ne dit pas « Molière du meilleur » mais « Molière » tout court serait reprise 50 fois. Le gag à la Chaplin serait remplacé par un fauteuil rouge qui lâche sous un auguste postérieur et le moment de grâce interviendrait quand Michel Fau et son pianiste esquisseraient les notes d’une balade bien connue. Le rebondissement final serait déclenché par la SNCF qui retiendrait en otage Guillaume Gallienne, qui serait sauvé par un taxi moto et tout se finirait bien avec une avance de 15 minutes sur le planning des répétitions.

Après ces journées intenses de travail, il y a enfin le moment de silence qui précède le direct : on court sur le bout de ses talons, on s’enferme dans les toilettes pour vérifier son maquillage, on se recueille dans les loges pour se remémorer son texte, le temps est en suspend, et puis « Attention direct dans 5 secondes ».

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